L’éviction du berger, liberté des moutons ou des moutons à tondre ?

petit mouton
petit mouton
petit mouton

L’agneau est doux mais le bélier est une bête à la fois caractériel qu’imprévisible. Il n’est pas rare qu’il sème la pagaille dans la bergerie et qu’il ignore totalement son maître, le berger, pour avoir sa liberté. Mais, une fois que le berger est évincé, cela rend-il vraiment, au bélier et aux siens, leur liberté ou s’exposent-il s à devenir davantage l’objet des convoitises pour leurs laines ? L’équation n’est pas si facile que ça à résoudre car à part le nouveau berger, il faut aussi tenir compte des loups. Mais, on est dans un système démocratique et des droits de l’Homme, alors, les loups n’existent pas. Toujours est-il que les moutons ne sont pas sortis d’affaires pour autant. D’ailleurs, rien n’empêche que les moutons soient libérés afin, par exemple parmi tant d’autres, de multiplier le nombre de producteurs de toison de laine pour en abaisser le prix au final.

Crise contagieuse à souhait

En Tunisie, la Révolution du Jasmin a fait son chemin qui est allée jusqu’à faire chuter son Président Ben Ali. Ce peuple est fier d’avoir fait sa révolution. Une fierté que l’on ne peut leur enlever. Le calme est revenu dans le pays, la vie reprend. Mais, qu’a-t-il vraiment changé ? Les mois à venir le diront. Pour le moment, bon nombre des éléments de Ben Ali est resté en poste dont ceux qui ont été les plus proches des américains ces derniers temps.

Dans cet article du 28 janvier 2011,  j’ai dit que : « On ne pousse même plus à coup de rame pour que la crise tunisienne contamine les pays limitrophes, on le véhicule à haut débit ».

La crise tunisienne est donc bien arrivée à bon port, en Egypte, par le haut débit. En effet, les appels aux jeunes à descendre dans les rues venaient des USA via Facebook, à coup de vidéos journalières, par un Général de l’armée égyptienne exilé depuis 2007 suite à des différends avec Moubarak. C’est de ses appels que les gens ont répondu puisqu’il n’y a pas eu de leadership fort dans le rang de la contestation sur place.

Les grandes nouvelles en fin d’après-midi du 11 février 2011 sont donc la démission d’Hosni Moubarak après 30 ans de règne et le transfert de la gestion du pays au Chef suprême de l’armée en la personne du Maréchal Mohammed Tantaoui, qui lui-même fut le dernier ministre de la Défense du Président démissionnaire. La liesse des égyptiens est donc totalement compréhensible après quelques semaines de sacrifice. Reste à savoir les changements qui seront faits dès aujourd’hui.

Peut-on dire pour autant que ces révolutions sont-elles réellement bien celles des peuples égyptiens et tunisiens ?

Le point commun entre les deux crises restent le rôle central de l’armée qui a collaboré avec les USA et consorts.

Pour la Tunisie, si les américains ont été plus ou moins discrets, sa présence dans la crise égyptienne était affichée au grand jour. Les USA n’ont pas caché son soutien aux mouvements de contestations égyptiennes. Les tractations en coulisse ne se faisaient plus dans l’ombre au point que les américains, malgré la joie à peine cachée de leur Président, deviennent plus retenus pour que cette Révolution ne soit qualifiée d’américaine au risque de se mettre à dos bon nombre des ses alliés dans la région.

En tout cas, la première réclamation des USA, qui ne s’est pas faite attendre sous un ton de recommandation formelle, dans les déclarations est que l’Egypte « honore les accords de paix signés avec Israël ».

Pourquoi passer par la Tunisie pour faire tomber l’Egypte ?

… Il n’est pas si facile de faire tomber un homme comme Moubarak dont le statut dans la région est plus que reconnu. D’ailleurs, il est le Président en exercice de l’Union de la Méditerranée de Sarkozy. Moubarak ne serait pas tombé sans cet effet domino.

Et la France ?

J’ai évoqué le sous marin BBR en Tunisie. L’arrivée de l’Ambassadeur de France en Irak eu Tunisie signifie beaucoup de choses. On connaît sa facilité à « travailler » avec les USA en Irak.

En même temps, on sent une certaine frilosité de la France dans ces deux évènements. Cette frilosité en est-elle vraiment une ? Pas si sûr ! La présence de MAM en Tunisie et celle de Fillon en Décembre 2009 prennent désormais un tout autre sens, malgré l’aide proposée de MAM aux forces de l’ordre tunisienne qui sonne plus comme une diversion qu’autres choses (comment se fait-il que les aides matérielles destinées aux forces de l’ordre tunisiennes aient été sèchement bloquées à Roissy ?). Beaucoup de choses laissent comprendre que personne ne saura exactement ce qui s’était dit et négocié respectivement dans leurs pays d’accueil respectif. S’ajoute à cela la déclaration de Nicolas Sarkozy dans la volonté de la France à accompagner les égyptiens dans leurs combats.

Le reste du monde ?

Le reste du monde prend juste le rôle de soutien et d’applaudisseurs pour justifier l’injustifiable. Car, il faut le dire, il y a beaucoup de contradictions dans la chute de Moubarak.
Une de ces contradictions se trouve dans les déclarations successives des chefs d’Etat de ce monde. Si Obama qualifie ce qui s’est passé de « démocratie authentique », ce qui peut plus qu’étonner de la part des USA, la France et l’UK réclament des institutions ou un gouvernement « démocratique ». Il y a là deux manières totalement différentes d’appréhender la « démocratie ».

Quels intérêts pour nous malagasy ?

Les réactions des USA nous prennent en contre pied. Mais, la chute de Moubarak cache des enjeux plus grands et plus importants même que la chute de Moubarak elle-même d’abord et de l’Egypte après. Moubarak n’est pas la raison de sa propre chute.

Dans ce genre de crise, la reprise est toujours plus lente. Ce que l’on détruit est beaucoup plus que ce que l’on espère gagner. Autrement dit, les égyptiens perdent plus que ce qu’ils auraient perdu s’ils n’avaient pas décidé de se défaire de Moubarak tout de suite. La maturité aurait été de réclamée tout de suite des élections anticipées avec ou sans la participation de Moubarak. D’ailleurs, à ce moment là, c’est sûr qu’il allait se présent vu son âge et son état de santé. S’ajoute à cela l’éventuelle détermination du peuple égyptien à défendre leur vote, comme Madagasikara en 2002.

Révolution, putsch, démocratie ou autre pour qualifier les évènements qui viennent de frapper l’Afrique, on a le choix mais, le modèle doit s’appliquer à tous si l’on s’entête réellement à qualifier que la démocratie est universelle. Madagasikara, Tunisie, Egypte, la rue a eu raison de leurs Présidents respectifs qui étaient des élus. Je parle indépendamment des personnes et des conditions de leurs élections respectives, je parle d’Etat et de démocratie. En quoi la rue, dont on ne peut quantifier le nombre par rapport au nombre réel des électeurs, peut-elle se substituer aux votes formels ? Quelle conclusion doit-on donc tirer de Nicolas Sarkozy dans ce cas là ? Lui qui est désavoué dans toutes les régions de son pays par des millions de gens à chaque manifestation. Lui dont la popularité ne cesse de baisser pour dépasser à peine les 25% d’opinions favorables. De plus, on a déjà entendu dans certaines manifestations à ce qu’il démissionne.

A lire les réactions du monde, des grands de ce monde au moins en vue, tout le monde salut le départ de Moubarak le dictateur sans oublier de féliciter les égyptiens de leur victoire. Ce n’est pas pour autant que ce monde là vienne partager avec les égyptiens les futures difficultés qu’ils vont vivre vu que des crises internationales ne sont pas encore terminées et que d’autres vont certainement venir. Les conséquences de ces quelques semaines de manifestions seront sans doute importantes dans l’économie et le social égyptien. Le calme apparent ne servira qu’à organiser des élections au détriment de l’économie et du social. La reprise est loin. La souffrance va durer. Les secousses de l’Egypte feront forcément des remous dans la région, ce qui va créer un énorme marché pour certains. C’est juste dire si la Révolution était réellement celle de l’Egypte.

Egyptiens, moutons ou pas moutons ? Le pari est ouvert ! Pour nous, les malagasy, le résultat est plus que clair : on se fait tondre à souhait et presque gratuitement.

28 pensées sur “L’éviction du berger, liberté des moutons ou des moutons à tondre ?”

  1. Et je retiens ce passage-ci:
    [Une de ces contradictions se trouve dans les déclarations successives des chefs d’Etat de ce monde. Si Obama qualifie ce qui s’est passé de « démocratie authentique », ce qui peut plus qu’étonner de la part des USA, la France et l’UK réclament des institutions ou un gouvernement « démocratique ». Il y a là deux manières totalement différentes d’appréhender la « démocratie ».]

    Et que penser de cette analyse publiée qques jours après le COUP D’ETAT/
    http://www.madatimes.com/index.php?option=com_content&task=view&id=247&Itemid=4

  2. Comparer, voire confondre les évènements qui se sont déroulés en Tunisie et en Egypte ces derniers temps, avec le putsch commis par domelina, est la dernière des choses à faire.
    Un coup d’Etat ou putsch militaire, n’a rien d’un soulèvement populaire ! C’est ce que certains malintentionnés veulent nous persuader, ou du moins, essayent de faire croîre à qui veut les écouter. Terrain glissant, vers lequel il ne faut surtout pas y aller !
    Aux tunisiens et egyptiens de règler tranquillement leurs problèmes ; ils finiront bien un jour par trouver une solution, solution qui sera à la hauteur de leurs espérances !
    Par contre nous les malgaches, il ne faut pas qu’on se laisse piétiner par des gens qui n’ont qu’un seul objectif : L’accaparement des richesses de notre pays, bizarrement UN DES PLUS PAUVRES DU MONDE ! Tellement pauvre que DES PAYS SE BATTENT POUR NOUS AIDER !!!

  3. «L’Égypte ne sera plus jamais la même» car le peuple a parlé et réclame une démocratie authentique», a déclaré Barack Obama dans un message chaleureux, retransmis en direct à la télévision égyptienne, louant le courage des manifestants et le rôle de protecteur joué par les militaires.
    « la non-violence représente «la meilleure chance de changer la trajectoire de l’Histoire vers plus de justice » a-t-il rajouté.
    Peu importe que çà soit extra-constitutionnel.

    çà change des déclarations américaines à mada…

  4. En Egypte , comme en Tunisie

    Il n’yeut pas de coup d’état

    il n’y eut pas de PUTSCH

    Il y eutune REVOLUTION

    et cela émane de la POPULATION ENTIERE

    et non pas de 3.000 énergumènes chauffés par TGV à Tana en Mars 2009 :
    POUR FOMENTER UN COUP D’ETAT FRANCAFRICAINE!!!!!!!

  5. Qui sont les CONS qui veulent comparer la Tunisie, l’Égypte et Madagascar mais ne cessent de chanter « Mada, un des pays les plus PAUVRES du monde » ?
    Pourquoi s’intéressent-ils tant à notre PAYS ???
    Faudra qu’ils m’expliquent et pour comprendre, je me tourne vers « iarivo/fanjakana !

  6. Je soutiens ici les commentaires de GDB et de Babyfoot: coup d’état et richesses:
    – eh oui! Il n’y a pas eu de coup d’état délibéré en Egypte et en Tunisie, nonobstant une « poussée sécrète » des puissances étrangères. Cette discrète poussée n’a pas été suivie ni de crimes, ni de vols, ni de rapines, ni de destructions des biens d’autrui;
    – il y a deux points fondamentaux à retenir sur Madagascar: ses richesses et sa position stratégique dans l’Océan indien! Si le contexte géopolitique mondial fait état de référence sur les intérêts de Madagascar par les puisances étrangères, par contre, ses richesses inestimabes, renforcées par l’intelligentsia malagasy en ressources humaines, en font que des pays étrangers sans scrupules fassent en sorte que Madagascar soit toujours classé en pays pauvre pour pouvoir piller sans sans vergogne ses richesses et d’exploiter ses ressources humaines.
    Et n’ayons pas honte de le dire, c’est cette deuxième hypothèse que recherche la France, tandis que d’une manière plus discrète, les USA s’intéressent beaucoup plus au premier cas, sans pour autant délaisser aussi le deuxième!
    Et nous malagasy, nous n’avons pas le coeur, ni la fierté, et encore moins le courage de protéger nos richesses: on est beaucoup plus affecté par « izay mahasoa ataon’Andriamanitra » que « MITSANGANA RY TANORA HIARO NY TANINDRAZANAO »! Et ce ne devrait pas être seulement les tanora qui devront bouger mais toute la nation entière, au vu et au su des faits et réalités vécues et perpétrées par ces FATn’alika!

  7. Qui donc veulent comparer la Tunisie, l’Égypte et Madagascar ?

    Rien que par la composition de leur population, leur histoire, leur Culture et leur croyance religieuse ces pays n’ont rien de commun avec Madagascar !

    Concernant les évènements qui s’y sont déroulé et si nous voulons faire une comparaison, alors il n’y a QUE les évènements de Mais 1972 qui aurait des similitudes communes avec ceux de Tunisie, et NON PAS ceux d’Égypte.

    – un pays en pleine croissance économique (en Tunisie aujourd’hui comme à Madagascar en 1972)
    – une classe sociale instruite, moderne et ouverte sur des idéaux universels, de plus en plus présente dans la vie politique, sociale, culturelle et économique du pays (en Tunisie actuellement comme à Madagascar en 1972)
    – un parti politique parvenu au pouvoir par des moyens démocratiques (du moins officiellement) et qui s’y maintient pendant près de 15 ans (en Tunisie actuellement comme à Madagascar en 1972)
    – des Institutions démocratiques mais dans lesquelles un seul parti domine la vie politique grâce à divers subterfuges plus ou moins légales, plus ou moins illégales (en Tunisie actuellement comme à Madagascar en 1972)

    Mais la similitude la plus importante est la nature même de ces évènements, un mouvement populaire spontané, APOLITIQUE, et dont l’origine, tout à fait banale, ne présageait en rien la chute d’un régime :
    – en Tunisie, un marchand de légumes s’immole suite à une intervention musclée de la police,
    – à Madagascar des étudiants de l’École de médecine de Befelatana se mettent en grève et font pression sur les autorités qui finissent par donner l’ordre aux FRS de tirer sur la foule des grévistes.

    Nous ne pouvons que souhaiter à la Tunisie qu’il n’y ait pas un Didier Ratsiraka (islamiste, nationaliste, conservateur traditionaliste ou autre extrémiste du même type) sorti de nulle part et qui vient casser cet élan patriotique et démocratique issu d’une maturation politique d’une large frange de la population tunisienne.

    Les évènements en Égypte ont été dès le départ noyauté par des mouvements politiques d’opposition, en particulier par celui des frères musulmans, qui voulaient s’inspirer des évènements en Tunisie pour faire tomber le régime d’Hosni Moubarak et prendre ainsi le pouvoir.

    => L’armée restera le seul et dernier rempart contre tout éventuel retour vers l’obscurantisme et le fanatisme.

    Si nous voulons absolument trouver une similitude entre les évènements en Égypte et ceux de Madagascar, il faudrait alors la comparer avec les évènements de 1991 qui avait aboutit à la chute de la RDM et à la volonté du peuple (manipulé par des partis politique) d’instaurer des Institutions réellement démocratiques et multipartisme.

    C’était le mouvement des « Hery Velona » auquel j’adhère à 200% !

    Nous ne pouvons, ici aussi, que souhaiter au peuple égyptien que les prochaines Institutions qui seront mises en place soient véritablement REPUBLICAINES, DEMOCRATIQUES et LAÏQUES.

    Comme nous le voyons, Madagascar a été largement précurseur de plusieurs années (et même de plusieurs décennies) sur ces évènements qui secouent actuellement le monde arabe, et même africain (le cas ivoirien), NOUS DEVONS EN TIRER UNE GRANDE FIERTÉ ET LE FAIRE SAVOIR SANS AUCUNE MODESTIE !

  8. Dans la forme, que ce soit en Tunisie ou en Égypte, l’armée a pris une position plus moins distante et a plutôt joué un rôle de tampon.
    Ce qui nous ramène dans le vrai que dans le fond, l’armée respective des deux pays a joué un rôle crucial dans la chute des deux Présidents puisque c’est par l’armée que les négociations se sont faites depuis et avec l’étranger et c’est sur « incitation » de l’armée ou d’une faction de l’armée que les deux Présidents sont partis.

    Est-ce pareil que ce qui c’est passé à Madagascar ou pas? A chacun de voir en fonction de ce qu’il peut comprendre.

    Pour ma part, sans aucune forme ni de fond de parti pris, que ce soit Madagascar 2009 ou Tunisie/Egypte 2010, c’est la même chose. Ladite forme de « démocratie authentique » ressemble plus à une « démocratie primaire » qui n’a pas pris le temps d’évoluer mais est restée dans sa forme la plus sauvage et la moins ordonnée.
    Le deuxième point concerne le rôle de l’armée dans un cadre supposé républicain. Dans les 3 États, encore une fois, c’est la même chose. L’armée devient la porte d’entrée des puissances étrangères. A long terme, elle pourrait même devenir un danger pour la République étant donné qu’elle est vue et se considère comme indépendante de la République, à part la question de salaire bien sûr!

    En tout cas, dans les 3 cas, il y a une méprise totale de ce que peut être une pratique républicaine et encore moins démocratique.

  9. C’est, en partie, pour ces raisons là que j’ai dit si ces « supposées » révolution sont bien celles du peuple…

  10. Désolé Alidera, mais une Armée avec un grand A, ne doit pas s’immiscer, prendre parti pour tel ou tel clan dans la vie politique d’un pays.
    Elle a une mission bien déterminée, défendre une population ou un pays si invasion du pays il y a, ou remplir une mission en cas d’une éventuelle guerre.
    Ce thème a été débattu longuement depuis mars 2009. Oui ! On peut toujours polémiquer sur ce sujet ; mais utiliser l’armée pour s’emparer d’un pouvoir ne peut que réduire un peuple, au rang de « sauvages ou d’arriérés » !!
    La démocratie se manifeste par le biais des urnes.
    Clamer qu’il y a similitude des cas, c’est donner raison aux putschistes, et qu’une plainte portée contre ces derniers, ne peut être que déplacée ! Ne pas condamner des coupables, c’est se rendre complice.
    Avis personnel, en mettant de côté l’implication directe ou indirecte des puissances étrangères !

  11. Que ce soit en Tunisie ou en Égypte, je dirais plutôt que l’armée est restée en position de réserve laissant d’abord aux politiciens en place le soin de la résolution de la crise.

    En position de réserve pour ne pas prendre partie et ainsi garder les « mains propres » (neutralité apparente) si elle devait intervenir par la suite.

    L’armée avec ses principes de discipline, d’obéissance et de respect de la hiérarchie ne pouvait pas apporter son aval :
    – ni aux manifestants car cela équivaudrait à faire l’éloge du désordre, de la désobéissance civique et de l’indiscipline,
    – ni au pouvoir politique d’alors qui était largement contesté donc fragilisé.

    Il est évident que, face à l’incapacité du pouvoir politique à rétablir l’ordre, l’Armée a dû « remercier » Ben Ali et Hosni Moubarak afin de sortir de l’impasse (débloquer la situation) et de tenter de reprendre la situation en main pour que le pays ne tombe pas dans le chaos (l’anarchie)

    Si l’Armée avait véritablement penché pour les mouvements populaires et adhéré à leurs revendications, alors elle aurait empêché Ben Ali et Hosni Moubarak de quitter le pays et les aurait même arrêté pour éventuellement les juger ultérieurement, or ce ne fut pas le cas.

    Comme par le passé, l’Armée restera encore pour de nombreuse années présente sur la scène politique (plus ou moins discrètement), derrière les différents Gouvernements qui vont se succéder dans ses deux pays pour leur impulser un « code de conduite » conforme à ses principes.

    => Même topo pour l’Algérie.

  12. Kintana,

    Tu n’as pas à être désolé, tu apportes juste des éclaircissements sur le sujet et tu amènes la bonne réponse sur le début de la « vraie » démocratie. Si tu me relis bien et que tu as suivi ma logique depuis le début cette crise, tu comprendras que c’est ce que j’ai dit.

    D’ailleurs, ce que je dit à propos de l’Égypte et de la Tunisie, au delà des revendications du « peuple », il y a une signature manifeste de l’Armée dans le départ de leurs Présidents respectifs. Certes, il n’y a pas eu de violence ni d’usage visible de la force contre eux, leurs conseils étaient clairs. Cela s’apparente en tout cas à ce que l’on pourrait appeler « coup d’État » mais en douce…

    Et je persiste et signe que dans ce qui s’est passé à Madagasikara ou en Tunisie ou en Égypte, rien n’a été fait ni dans l’art ni dans le respect de la République et/ou de la Démocratie.

  13. Une révolution n’a jamais été celui du peuple, je sous-entends par là de la majorité du peuple.

    Dans tout les pays du monde sans exception, et en tout temps, la majorité de la population était toujours resté complètement à l’écart des évènements politiques pour manque d’intérêt (désintéressement totale vis-à-vis de la politique)

    Cette majorité dite silencieuse n’a donc fait que subit les diktats venant d’une minorité « agissante ».

    => Que ce soit en Tunisie, en Égypte ou à Madagascar en mai 1972, en 1991, en 2001-2002, ou en 2009, tous ces mouvements populaires n’ont été que le fait d’une minorité « agissante », une infime minorité de la population.

    Cela est tout aussi valable pour la Révolution française de 1792, des évènements de mai 1968, de la Révolution mené par les Bolcheviks en février 1917 en Russie, de la Révolution culturelle en Chine de 1966-1976, etc., etc., etc.

    C’est de cela que nous pouvons évaluer toute l’importance de la Démocratie et des règles démocratiques, celle d’empêcher qu’une minorité « agissante » impose son point de vue, sa politique, son « diktat », de gré ou de force, à la majorité de la population, de le réduire au simple rang de « sauvages ou d’arriérés »

  14. On se comprend, mais dire qu’il y a une certaine similitude aussi infime soit-elle, pousserait quelques uns à minimiser l’importance de leurs méfaits !

  15. Ce que je dis dans cet article n’est pas de direct qui est coupable ou non. Ce que je dis est quelles sont les règles ou ce que peuvent-être des règles de ce genre de jeux. Car, il faut le dire, il est facile d’avoir la tête d’un homme, mais il n’est pas facile de le remplacer.

    Les peuples tunisiens et égyptiens qui croient que ce sont eux qui ont fait une révolution. Qui peut dire aujourd’hui qu’ils ont un mot à dire sur la gestion de leur État respectif? Sont-ils vraiment maîtres de leurs pays respectifs? Ce sont les questions parmi tant d’autres que je pose dans cet article…

    Pour la démonstration, « le peuple malagasy » de cette révolution orange n’a aucunement leur destin entre leurs mains. Leurs vœux et souhaits ne pèsent rien dans les décisions de la HAT.

  16. iarivo,
    1789 (la révolution française), 1917,… je n’y étais ps pour dire qu’il y a eu la majorité du peuple ou pas!
    1972, étais-je trop jeune pour analyser!!!
    1991, j’y étais pour voir que la majorité y était et que la minorité se cachait pour ne pas se couvrir de honte. La grève générale avait un « vrai » sens, le nombre d’entreprises suspendues dans ses activités en témoigne…

    D’ailleurs, c’est pour définir cette majorité que l’on est obligé de recourir à la démocratie…

  17. Alidera,
    Comme tu l’avais dit, « on se comprend ». Toutefois, il faut veiller à trouver les solutions idoines, s’agissant de Madagascar !
    Pour iarivo. Parler de minorité agissante ( sens positif ou négatif ) ne tient pas tellement debout pour expliquer, ou justifier des actes repréhensibles.
    La France compte plus de 60 millions d’habitants. 200 000 « encartés » UMP avec peut-être moins de 10 000 « militants actifs » ont porté N. Sarkozy au pouvoir par le biais des élections, et nullement aidé par des bras armés !
    Pour faire le bon choix en matière d’élection et accomplir son devoir de citoyen, nul n’est obligé d’être militant ou encarté dans un parti quelconque.
    Rajoelina a été élu maire d’Antananarivo, car les électeurs avaient boudé les urnes. Les conséquences de ce manque de civisme, ne sont plus à détailler !
    On est dedans et jusqu’au cou !!

  18. « D’ailleurs, c’est pour définir cette majorité que l’on est obligé de recourir à la démocratie… » (dixit Alidera A.R.)

    C’est bien pour cela que j’ai écris :

    « C’est de cela que nous pouvons évaluer toute l’importance de la Démocratie et des règles démocratiques, celle d’empêcher qu’une minorité « agissante » impose son point de vue, sa politique, son « diktat », de gré ou de force, à la majorité de la population, de le réduire au simple rang de « sauvages ou d’arriérés » »

    Une Démocratie ne se décrète pas aussi simplement !

    Une Démocratie ne peut être, ne sera, que le reflet de ceux qui la vivent, la font vivre.

    Dans tout regroupement humain, dans toute communauté humaine il y a des intérêts différents qui s’affrontent, qui s’opposent et les règles démocratiques (ou autres) sont là pour gérer ces conflits de manière équitable et dans l’intérêt de la majorité.

    Il ne faut pas rêver en pensant tout avoir, tout de suite.

    La Démocratie à Madagascar ne s’installera pas en deux jours, ni en deux mois, ni même en deux ans mais après diverses péripéties, des hauts et des bas, des victoires et des échecs.

    Les évènements de mai 1972, l’assassinat du Colonel Richard Ratsimandrava, la mise en place de la RDM avec le culte de la personnalité qui s’en suivit, les évènements de 1991 avec les « Hery Velona », l’empêchement du Président Albert Zafy, les évènements de 2001-2002, le mouvement orange et le coup d’état qui en découlera en 2009, etc., tout cela ne sont qu’une partie des étapes, bonnes ou mauvaises mais inévitables, vers cette édification d’une véritable société démocratique.

    Pour l’instant la majorité des malagasy ont des préoccupations plus matérialistes, plus terre à terre plutôt que métaphysiques.

    La qualité de cette société démocratique et la rapidité de sa mise en place ne dépendront que de la manière dont les malagasy répondront à chacun des obstacles qui se dresseront devant eux.

    La fatalité ne doit jamais effleurer notre état d’esprit.

  19. Par minorité « agissante » je n’ai jamais dit (ni écrit) qu’il été fait allusion à une minorité aidé par un « bras armé », ni à justifier ou condamner des actes répréhensibles.

    Certes, il n’est nul besoin d’être un militant d’un quelconque parti politique pour assumer des devoirs de citoyen (devoir(s) qui ne se limite pas qu’au seul vote) d’où la notion de « minorité ».

    L’exemple de Sarkozy porté au pouvoir par le biais des élections grâce au soutien de quelques centaines de milliers de militants UMP confirme bien cette notion de minorité « agissante » face à la majorité silencieuse.
    Elle est tout aussi valable pour les autres courants politiques en France et ailleurs (Socialiste, communiste, écologiste, Front National, etc.)

    Par simplification, et pour mieux les appréhender selon leur importance au sein d’une société, je me les représente ainsi :

    * 80% de la population font partie de la majorité silencieuse (complètement désintéressé de la vie politique même si la majorité d’entre eux participe au vote par devoir)

    * 20% de la population se préoccupe de la vie politique parce qu’elle est consciente que les évènements politiques (augmentation des impôts, de la TVA, loi ou plus réglementation dans tel ou tel domaine, etc.) les touche d’une manière ou d’une autre dans leur vie quotidienne.
    Ce sont ceux que j’appellerais la société civile (Avocat, magistrat, haut fonctionnaire, journaliste, médecin, entrepreneur indépendant, commerçant, artisan, propriétaire terrien, etc.) qui se mobiliseront très difficilement lors de manifestations de masse à l’exception de 20% d’entre eux.

    * Ces 20% de 20% représentent la frange de la population qui est beaucoup plus impliqué dans la vie sociale (ouvrier, employé, travailleur manuel ou/et indépendant, jeune étudiant, fonctionnaire, etc.) par le biais des syndicats et autres associations et sans pour cela être nécessairement encarté dans un quelconque parti politique.
    Elle est facilement mobilisable lorsque cela peut leur être profitable.

    * Enfin, il y a les 20% des 20% de 20%, les vrais militants, ceux qui descende sur le terrain à manifester au moindre claquement des doigts de leurs leaders, la plupart d’entre eux encarté dans un parti politique ou un mouvement revendicatrice.

    Lors des grandes manifestations comme dernièrement en Tunisie, en Égypte ou à Madagascar en mai 1972, 1991, 2001-2002, etc., ce sera parmi les 20% de 20% que se retrouveront la plupart des manifestants, exceptionnellement dans les 20%.

    Les pourcentages donnés (à + ou -10%) ne représente que des grandeurs d’ordre pour identifier des rapport de grandeur entre les différentes catégories.

  20. C’est pour toutes ces raisons, que les vrais légalistes EXIGENT CONTRE LES PUTSCHISTES DES SANCTIONS EXEMPLAIRES, A LA MESURE DE LEURS MEFAITS !!!
    Tout comme la politesse, la démocratie s’apprend quel que soit l’âge, et se vit.
    Des enfants mal éduqués ne seront jamais des citoyens modèles ! Et l’exemple, ou les exemples qu’ils ont donnés les voleurs de pouvoir, ne feront qu’aggraver la situation.
    Rome ne s’est pas faite en un jour, mais les pays tels que Madagascar doivent tirer parti, ou s’inspirer des expériences vécues par les vieilles démocraties pour avancer plus vite !
    Il n’y a pas de raisons qui les en empêchent, si le peuple y met du sien !
    Des « victoires et des échecs » ? Tant que les Lois sont et seront respectées, il n’y aura que des victoires !
    Coup d’Etat aux Seychelles ? Jamais entendu !

  21. D’abord il y a société civile et société civile !
    Vu la situation malgache, et le comportement de ces gens qui se disent représentants de ladite société civile, je suis plus consterné qu’emballé !!
    Ceux qui se targuent de représenter la « société civile », avec leur degré de connaissance, ne sont qu’un ramassis de gens opportunistes, égoïstes, affamés de pouvoir ou quêteurs de « chaise », qui ne connaissent rien en matière de règles démocratiques !
    Des borgnes au royaume des aveugles, qui ne pensent même pas un seul instant au devenir de leur pays !
    Toutes ces personnes n’ont aucune excuse valable ! Faire semblant de ne pas comprendre ( cas de l’Escopol avec la fameuse feuille de route de Simao ), fermer les yeux sur toutes les exactions perpétrées par les putschistes, etc…ne sont qu’une forme de complicité !
    Et que peut-on attendre des magistrats malgaches, quand un de leur soi-disant « éminent professeur » s’amuse à faire des putschs, et le comble de chez comble, s’en vante fièrement ?
    Quel bel exemple pour la population et surtout pour la jeunesse, jeunesse qui représente l’avenir de ce pays !
    Pas plus tard que la semaine qui vient de s’écouler, les avocats et magistrats français sont descendus dans la rue, pour manifester leur colère !
    Que dire des magistrats malgaches ? Des gens qui ont bénéficié quasiment de la même formation que leurs homologues français, ou qui ont été formés en France pour la plupart d’entre eux ! Aucun sens de l’éthique !

  22. Aux dernières nouvelles, près de 10 000 jeunes tunisiens sont rentré clandestinement en Italie après la chute du régime Ben Ali !

    Il s’agirait pour la plupart d’entre eux de jeunes diplômés sans emploi en Tunisie.

    D’après ce que je pense avoir compris, le régime de Ben Ali les empêchait jusqu’à présent de sortir illégalement de leur pays mais voilà que le verrou a sauté, vive la LIBERTÉ … en dehors de la Tunisie !!!

    N’étant donc pas des supporters de Ben Ali, ces nouveaux jeunes immigrants clandestins en Italie étaient surement dans les rangs des manifestants qui, pour certains, représenteraient la majorité de la population tunisienne (!!!)

    Non, ce ne sont pas des traites à leur Patrie, ils savent où se trouve leurs intérêts (l’Europe = le monde occidental = le Paradis sur terre), c’est totalement humain.

    D’ailleurs, grâce à leur futur transfert de devises, ce seront eux qui nourriront leur famille resté au pays, … comme à Madagascar.

    Vive la Révolution de Jasmin !

  23. Ce qui est entrain de se passer en Tunisie confirme l’esprit de cet article.

    Si je fais une révolution dans mon pays, je reste dans mon pays pour soutenir les idées qui m’ont poussées à la faire. Alors, pourquoi ses jeunes partent-ils? Car la Révolution qu’ils ont porté n’est tout simplement pas la leur, ils n’y croient pas!

    J’étais de ceux et celles qui ont déchiré leurs pantalons à la Place du 13 Mai en 1991. J’étais ferment décidé, à l’époque, de rester continuer mes études dans nos universités pour dire et prouver que nous pouvons le faire. Pour dire que la Révolution à laquelle j’ai participé, j’y ai cru!!! Zafy,Ndrema en ont décidé autrement, les vrais changements n’étaient jamais venus, la performance de nos universités, si surestimée, ne m’a plus convaincu… La preuve? On en est là aujourd’hui!!!

  24. pour ceux qui essayent de se refaire une virginité…pourquoi pas…
    Il est des conversions qui peuvent à la longue marcher.

    Alain Bongo baptisé catholique est maintenant Ali Bongo converti à l’islamisme par amour pour les Arabes du Golfe, solidfarité pétrolière oblige.

    MDR : bienvenu au club ???????????????????????????????????????????????,,

  25. Des mouvements sociaux éclatent en Égypte. Des mouvements pour appeler les touristes à revenir. Ça montre toute l’intelligence de ce peuple, les « révolussionère oransa » ni les tunisiens n’y ont pensé. Ceci dit, la confiance ne peut se rétablir d’un coup de baguette magique. Défaire est une chose, reconstruire en est une autre.

  26. Ho ampin-tsika ny hoe : « La critique est facile, c’est l’art qui est difficile » !
    Les oranze n’avaient qu’une idée en tête : Eliminer ( par tous les moyens ) le président élu des malgaches quitte à tout détruire, et profiter au max de la situation ! Se cramponner au pouvoir après !

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