Lettre ouverte aux membres de la SADC Après Gaborone

GTT-International (Genève)
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Mesdames, Messieurs,

D’emblée, nous tenons à remercier la SADC d’avoir pris le temps, à Gaborone, d’écouter et d’examiner les attentes et propositions des uns et des autres parties impliquées à la crise malagasy lors de la rencontre. Vous avez fait preuve de lucidité en reportant la décision qui devra s’imposer à tous les protagonistes au 11 juin prochain.

Aussi, à la veille de cette échéance, nous voulons vous apporter un certains nombres d’éléments majeurs qui sont liés à la situation malagasy et qui ne vous laisseront pas indifférents au moment où vous serez amenés à prendre une décision importante pour l’avenir de Madagascar.

En effet, le Parlement Européen, à l’issue de sa session à Strasbourg le 08 juin, s’est livré à une véritable diatribe contre les autorités de fait. Aucun domaine n’est épargné notamment celui de droits de l’homme. En s’appuyant surtout sur les principes fondamentaux des Accords de Cotonou, les Euro-députés ont fermement condamné les exactions et les nombreuses violations des droits humains commises par le pouvoir qualifié d’illégal de Rajoelina.

En fait, le Parlement Européen a pris clairement position contre le régime putschiste en écartant toute reconnaissance mais aussi en refusant à Rajoelina la légitimité d’engager des élections en affirmant que « les autorités qui ont pris le pouvoir en bafouant la Constitution ne sont pas habilitées à les organiser ». Donc, cette affirmation ne peut qu’isoler davantage Rajoelina dans son obstination et sa précipitation à passer aux élections car il ne pourra pas compter sur l’UE pour les cautionner.

Par ailleurs, nombre d’éléments de cette résolution européenne figurent dans nos revendications que nous n’avons cessé de rappeler. Nous les réitérons:

  • la libération immédiate de tous les prisonniers politiques,
  • le retour en toute sécurité et sans conditions des exilés et des dirigeants politiques,
  • la mise en place des actions concrètes pour arrêter le pillage des ressources naturelles,
  • l’installation d’une transition véritablement neutre, consensuelle et inclusive
  • la nécessité urgente d’un retour à l’ordre constitutionnel, condition nécessaire pour revenir à la normalité institutionnelle à Madagascar,
  • l’organisation sous l’égide de la Communauté Internationale des élections transparentes et crédibles qui respectent les normes démocratiques,
  • l’implication et la participation libre de toutes les mouvances politiques et les dirigeants à ces élections avec accès sans conditions aux médias,
  • la nécessité et la capacité du peuple malagasy à choisir son avenir sans aucune condition,
  • l’application effective des sanctions individuelles et sélectives instituées par l’Union Africaine lors du Sommet du 17 Mars 2010 et confirmées le 31 janvier 2011 à l’encontre des 109 personnes impliquées dans le coup d’Etat. D’ailleurs, le Parlement Européen appelle les Etats membres de l’UE et le Conseil de sécurité des Nations Unies « à poursuivre et élargir les sanctions contre le régime ».
  • l’impossibilité pour Rajoelina de conduire la Transition vers une sortie de crise en vertu des Accords de Cotonou.

A noter que cette résolution confirme d’abord les propos du représentant de l’Union Européenne à Madagascar, M. Leonidas Tezapsidis, qui a déclaré à l’occasion de la fête de l’Europe le lundi 9 mai 2011 que « l’Union (Européenne) maintient sa position ferme pour Madagascar » et « prévient contre toute décision qui s’écarte de la voie consensuelle et inclusive pour la sortie de crise ».
Elle (la résolution) vient aussi corroborer la déclaration de M. Louis MICHEL à l’issue de la 21ème session de l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE à Budapest (Hongrie). Il a clairement affirmé que Rajoelina et sa clique, qui incarnent l’illégalité, ne devaient pas se trouver à Istanbul lors de la Conférence de Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés au risque de créer un fâcheux précédent. Il a aussi, par la même occasion, appelé la Communauté Internationale à « mettre la pression maximale» sur les putschistes.
En outre, permettez-nous de vous rappeler un certain nombre d’observations et de remarques teintées d’inquiétudes concernant les groupements autres que les quatre mouvances officielles:

  1. Ce sont des entités, pour la plupart, créées après le putsch dans l’objectif de soutenir et servir Rajoelina. D’ailleurs, en de maintes occasions, elles se sont prononcées en faveur de ce dernier notamment lors de la Conférence d’Ivato et de la signature de la feuille de route proposée par M. Simao qui, signalons-le, n’a pas eu l’aval des 3 mouvances,
  2. Nombre d’entre eux sont des groupements microscopiques n’ayant aucune représentativité nationale ni même régionale,
  3. Ce ne sont pas des forces politiques significatives mais des factions affiliées à la mouvance Rajoelina.

Ainsi, l’approche en terme de « Mouvance » doit rester le cadre général de la recherche de solution de sortie de crise.

Par ailleurs, nous sollicitons l’intervention de la Brigade de maintien de la paix de la SADC pour accompagner et garantir la mise en oeuvre des mesures adoptées pour la sortie de crise. Plus particulièrement, ses missions consistent à :

  • pallier les graves manquements de l’Armée tout au long de la crise (son incapacité à restaurer l’ordre et la sécurité),
  • mettre hors d’état de nuire et désarmer les FIS (Forces d’Intervention Spéciale) et les milices armées auteurs d’exactions et intimidations diverses.

Tous ces éléments nous amènent à attendre de vous une réaction vigoureuse, ferme et aussi courageuse que celle du Parlement Européen à l’adresse d’un régime dictatorial aux abois et mis au ban de la Communauté Internationale toute entière. Le peuple Malagasy a les yeux rivés vers vous en ce moment crucial pour l’avenir du pays. Il compte sur vous pour délivrer Madagascar du joug de ces criminels, pilleurs et revanchards qui ont conduit le pays vers l’abîme. Vous n’avez pas le droit de le décevoir, il y va de la crédibilité de notre auguste Institution.

GTT INTERNATIONAL – Collectif de la Diaspora
15, rue des Savoises
Genève – SUISSE

http://gtt-international.blogspot.com/

PJ : Résolution du Parlement Européen – Strasbourg (France) le 8 juin 2011

6 pensées sur “Lettre ouverte aux membres de la SADC Après Gaborone”

  1. Tokony resahina koa ao amin’ny Magro ry zareo ny hoe :
    Firy ny isan’ny antoko, na fikambanana manohana ny ara-dalàna ary koa manohana ny ankolafy TELO â ?
    Firy ny isan’izy ireo ao M/car sy aty ivelany ?? Dia ny anarany koa ???
    Tsara ho fantarina mihintsy ireo !!

  2. KMD
    Efa fanatatra daholo ireo fikambanana ny antoko manohana ny ankolafy 3, na ankolafy telo misokatra.
    Manarak’izany dia tsara tokoaa ny hat

  3. KMD
    Efa fantatra daholo ireo fikambanana ny antoko manohana ny ankolafy 3, na ankolafy telo misokatra.
    Manarak’izany dia tsara tokoa ny hataon’ny GTT fa saingy tsy ampy Raha izao hataonanreo izao no hampiarahana @ rodobe dia tena handroso ny tolona, ary indrindra io ambasady gasy ao Paris io tokony oomena lesona

  4. KMD
    Efa fanatatra daholo ireo fikambanana ny antoko manohana ny ankolafy 3, na ankolafy telo misokatra.
    Manarak’izany dia tsara tokoa ny hataon’ny GTT fa saingy tsy ampy, raha misy dia be na fihetsiketsehany dia tenatsara, ary mila jerena koa io amnbasady gasy ao Paris io.

  5. Tsara ho fantatra ihany izy « rehetra », na ireo fikambanana any « ambanivohitra » aza !

  6. Dia ny mbola tsy tara!sao mifangaro @ Foza dia ho very maina ny niaretana izay ela izay,
    aza hitako!

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