La panique atteint les sommités de l'Etat Malgache. Ayant longtemps cru que leur principal adversaire était l'ancien Président déchu Marc Ravalomanana , les dirigeants ont voulu diaboliser ce dernier et mettre tous les maux sur son dos jusqu'à trouver de nouvelles mesures de représailles afin de l'éliminer dans la course des futures élections présidentielles. Ainsi la justice a de nouveau été saisie en émettant un mandat d'arrêt international pour l'affaire du 7 février 2009 pour le carnage à Ambohitsorohitra.
Les responsables d'Interpol ont été ainsi avisés par le ministère de la Sécurité. Ce qui n' a pas empêché les juristes internationaux de rire et de se demander si les Malgaches étaient dirigés par des gens sérieux, Encore une fois le ridicule ne tue point chez certains : comment un pays ou les dirigeants ne sont pas reconnus par la communauté internationale et même sanctionnés peut-il se prévaloir de la légalité de ses actions ? C'est comme si pour certains, Dadis Camara pouvait en faire autant contre son prédécesseur qu'il a renversé. Les événements du 7 février 2009 se sont déroulés quand bien même Marc Ravalomanana était encore le Président élu en exercice, tout en ne l'exonérant ni le dédouanant de ses responsabilités partagées durant cette tragédie. Mais dans la foulée, comment déterminer la responsabilité du Chef de l'Etat Major de l'époque Lucien Rakotoharimasy devenu Ministre de la Défense depuis lundi ? Il avait le Commandement opérationnel des forces Armées. Comment va-t-il donc échapper à la justice dans ce cas ? Son témoignage sera des plus précieux.
Quid de l'après Andry Rajoelina ?
Qu'en sera-t-il du sort de Andry Rajoelina qui aura aussi à répondre de toutes ces exactions sur les militants pro Ravalomanana ou dirigeants religieux morts depuis le 17 mars 2009 lorsqu'il quittera le pouvoir à la fin 2010 ? On est loin de la fameuse réconciliation nationale et le cycle infernal de haine envers son prédécesseur perdurera encore si on n'arrête pas ce processus de violence. La culture de l'éthique et du fihavanana a disparu avec cette génération montante qui n'a pas su tirer les leçons de l'histoire de l'humanité où, même s'il y a eu des guerres meurtrières, les belligérants ont su s'asseoir autour d'une table de négociations et montrer que la paix est la plus juste pour revivre en harmonie, en toute quiétude, et que le plus important, c'est aussi le développement de tout homme, de tout l'homme et la soif du bien-être.
Madagascar n'est pas invité au sommet de la France-Afrique
Jusqu'à présent le mandat d'arrêt international émis par Madagascar n'a eu aucun effet et n'aura d'effet. Au contraire, le GTT international doit jubiler maintenant pour cette déconvenue de Andry Rajoelina de n'avoir pas eu son carton d'invitation pour le sommet France-Afrique . Cette fois-ci c'est officiel. Nul n'est besoin de comprendre que ce n'est pas le fait de leur lobbying mais du fait que Paris ne peut pas faire 2 poids 2 mesures car il y a le cas de Robert Mugabe qui fait aussi l'objet de sanctions de la part de l'Union Européenne et qui ne peut pas non plus participer à ce sommet très important .La France ne pouvait pas provoquer la SADC et l'Union Africaine de ce fait sous peine d'un boycott qui affecterait davantage la crédibilité de Nicolas Sarkozy dont la popularité est mise à mal sur le plan intérieur. De surcroit le pouvoir Français a décrété 2010 comme l'année de l'Afrique, et à la veille de la tenue de la coupe du Monde en Afrique du Sud, elle ne pouvait pas se passer d'une décision "consensuelle" avec ses partenaires Africains en refusant d'inviter Andry Rajoelina malgré leurs promesses après ses déclarations de ne pas se présenter aux futures élections présidentielles. Cette fois-ci, c'est la France qui a failli à sa parole face aux pressions de la Communauté internationale, à moins que Andry Rajoelina ne décide d'aller à nouveau à Pretoria, le 31 mai prochain. Puisque les premières consignes données au premier Conseil des Ministres des "Zazavao" étaient en priorité la recherche de réseaux de lobbying qui pourraient briser le mur de glace de la SADC et de l'Union Européenne, pour beaucoup, le chemin le plus court c'est de revenir à Canossa