Notre « Invité du lundi » reçoit aujourd’hui Dr Emile Ratefinanahary dit « Vazaha ». Militant actif du GTT international, ce membre de la mouvance Ravalomanana s’exprime sur le cours des événements à Madagascar. Interview.
* Midi : Une rencontre entre les 4 chefs de file aura lieu à Johannesburg les 24 et 25 avril prochains. Qu’attendez-vous de ce rendez-vous ?
* ER : La crise politique à Madagascar est une crise profonde, donc il faut la résoudre en profondeur. On n’a jamais vu depuis notre indépendance un président de la République dont l’élection a été reconnue par tous quitter le pouvoir suite à une situation de trouble. La signature d’un accord ne suffit pas. Il faut la contribution des Malgaches qui doivent être impliqués dans la mise en œuvre de cet accord. La signature des Accords de Maputo est déjà une grande étape. Ces Accords envisagent une réconciliation nationale, une transition inclusive et des élections libres et transparentes, acceptées par tous. Les mêmes Accords roulent pour un pardon national en vue de retrouver le « soatoavina » malgache.
* Midi : La mouvance Ravalomanana dont vous faites partie campe jusqu’à présent sur Maputo et Addis-Abeba. N’est-ce pas pour vous un blocage au processus de la résolution de la crise ?
* ER : Ce n’est pas vrai. En signant les Accords de Maputo, le président Marc Ravalomanan a fait beaucoup de concessions. Il a accepté de ne rentrer au pays qu’en temps de paix. Il a accepté que Andry Rajoelina soit le président de la transition. Il a accepté de ne pas participer à cette transition. Il a accepté que l’amnistie doit couvrir une période allant de 2002 jusqu’à nos jours. Et le nombre des représentants de la mouvance Rajoelina dans les différentes Institutions de la transition est doublée par rapport à celui des autres mouvances. Tout cela constitue la preuve que notre mouvance fait toujours primer l’intérêt supérieur de la Nation. En tout cas, Rajoelina a signé ces accords. Mais, actuellement, il refuse de s’exécuter en privilégiant la résolution par la violence car il a les armes. Pour la mouvance Ravalomanana, il est urgent de résoudre pacifiquement la crise.
* Midi : Pouvez-vous parler de la contribution de la diaspora malgache à l’étranger à la résolution de la crise à Madagascar ?
* ER : La diaspora malgache a vraiment son rôle à jouer. Depuis le coup d’Etat du 17 mars, nous avons toujours agi pour le retour à l’ordre constitutionnel et à la légalité. Nous avons lancé des appels à la communauté internationale, en général, et à l’ONU, en particulier. Nos actions ont porté des fruits. Car on a mis en place le Groupe International de contact sur Madagascar qui a mené sa médiation. L’OIF, l’UA, l’Union Interparlementaire, l’Union européenne, le Parlement européen l’ACP-UE, le TPI… ont pris leurs dispositions sur la crise malgache. Tout dernièrement, le CPS de l’UA a pris à l’encontre des membres des autorités de fait des sanctions pour les contraindre à revenir sur la table de négociation et à respecter ce qu’ils ont signé. Nous avons également mené des actions sociales en faveur des populations les plus défavorisées par la crise.
* Midi : Certains réclament un gouvernement militaro-civil en cas d’échec de Johannesburg. Qu’en dites-vous ?
* ER : La solution à la crise ne vient que des Malgaches. Cette solution doit être acceptée par tous pour faciliter le pardon national. Pour moi, l’essentiel, c’est de dialoguer. Nous sommes tous responsables et il faut prendre nos responsabilités car nous serons jugés par l’histoire.
* Midi : Etes-vous d’accord sur le fait que la crise doit se résoudre uniquement entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, les 2 principaux protagonistes et qu’on doit écarter Didier Ratsiraka et le Pr Zafy ?
* ER : Des mauvaises langues, qui ont intérêt à ce qu’il y ait des guerres tribales à Madagascar, essaient de véhiculer cette fausse idée. Ces malintentionnés sont des ennemis de la Nation. J’en profite pour lancer un appel aux Malgaches à éviter cette politique malsaine. L’heure est à la solidarité de tous pour sauver notre pays, pour que nos aînés qui avaient milité pour la libération de Madagascar en 1947, soient fiers de nous.
Propos recueillis par RAJAOFERA Eugène